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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 08:48

Ce jour-là, trois hommes prennent la route, avancent péniblement dans la neige sans autre choix que de se prêter à une chasse à l'homme décrétée par leur hiérarchie militaire. Ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt, et, soucieux de se nourrir et de retarder le retour à la compagnie, procèdent à la laborieuse préparation d'un repas dans une maison abandonnée, avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d'eau. Ils en viennent à brûler les chaises sur lesquelles ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé leur proie. Le tour de force d'Hubert Mingarelli, dans ce roman aussi implacable que vertigineux, consiste à mettre à la même table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais dont l'antisémitisme affiché va réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur prisonnier.

 

Trois soldats allemands partent en forêt. Leur mission ? Entre autres ? Ramener des juifs au campement. Alors qu'ils marchent, ils dénichent, presque par hasard, un homme. Pour retarder leur retour au campement, les trois hommes vont décider d'occuper pour la nuit une maison laissée à l'abandon, en pleine forêt. Leur mission devient alors : se chauffer et se nourrir...

 

Voici le troisième et dernier roman en compétition pour le prix Romangier.

 

Ici encore, un roman très sombre situé au coeur de l'Allemagne nazie. Avant ou pendant la guerre ? On n'en saura jamais rien. Le nom même de nazisme ne sera jamais cité. Pourtant, tout comme pour Tchernobyl dans le roman de Antoine Choplin, cette image est omniprésente.

L'auteur réussit alors le défi de mêler en un seul livre l'horreur de ce que nous connaissons de la période et une once d'humanité chez les monstres.

 

Dans ce huis-clos, violance et chaleur s'entremêlent. Les besoins essentiels reprennent leur pouvoir sur les hommes : se chauffer, se nourrir, passe alors avant tout. Et puis, une relfexion sur la guerre apparait : comment avoir une famille et gérer ses enfants à distance lorsque la guerre détruit tout ?

 

J'ai été frappée par la sobriété du roman qui, par cela, devient très fort. Les sous-entendus nous frappent et nous plongent dans une ambiance assez terrible par le biais d'un style assez étonnant.

La grande part de dialogues dans le roman nous plonge aussi dans la psychologie de ces soldats vus comme des monstres mais qui, souvent, n'avaient rien demandé.

 

Avec ce roman, nous redécouvrons une période terrible sous un point de vue différent. Nous compatissons à l'isolement des soldats. Nous avons froid avec eux. Nous avons faim avec eux.

Et soudain, les hommes refont surface au-delà des uniformes. il s'agit alors de partager un repas avec "l'ennemi"...

 

Voici donc un roman très fort qui m'a beaucoup touchée.

Je vais maintenant devoir me plier au difficile exercice du vote. Qui remportera le prix Romangier ?

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Published by pampoune - dans Divers et Variés
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